INTERVIEWS

Sonate et E'Zen

SONATE ET E'ZEN DES BASSETS VISITEURS…

SONATE est née en décembre 2001, elle intègre notre foyer en juillet 2002 pour tenir compagnie à notre femelle de race hovawart, Preyka.
Elle est déjà âgée de 7 mois, l'éleveuse ne pouvant la garder pour la reproduction en raison d'un problème génétique au niveau des côtes, bien qu'elle soit fille et petite fille d'un multiple champion !
Nous découvrons le basset hound qui fait la joie de notre fils âgée de 10 ans.
Sonate est une chienne bien singulière, d'emblée obéissante, sereine, paisible et très joyeuse. Elle devient la partenaire de jeu de Preyka et notre nouvelle amie fidèle. Elle n'a peur de rien et s'adapte très vite, du moment qu'elle est avec nous.
En mars 2008, alors que mon hovawart est déjà licenciée « chien visiteur », je décide d'emmener Sonate sur un stage à Colmar, pour la faire également valider dans ce domaine. Je trouve en effet qu'elle a des capacités relationnelles exceptionnelles avec ses congénères (un léonberg de 80 kg ne lui fait pas peur !) et avec les humains. Alors on y va…
Je me souviens encore du visage du formateur du stage… en face de bergers allemands, goldens, labradors et autres races communes. Il observe Sonate et me demande, interrogatif, comment je vais bien pouvoir utiliser ce chien si près du sol, qui dort tout le temps, même pendant le stage, alors que tous les autres aboient ! Mais qui semble pourtant bien à l'écoute et se montre surtout très attendrissant et drôle.
Moi-même je ne sais pas encore dans quel domaine je souhaite pratiquer cette activité de chien visiteur avec mon basset…. Mais Sonate passe tous les tests haut la main, elle devient très vite la mascotte du week-end, comme à chaque fois qu'elle est présente quelque part.
A l'automne 2009, au sein du club canin dont je fais partie, je démarre mes visites avec mes deux chiennes auprès de jeunes adultes handicapés, dont certains sont autistes, et un jeune homme du groupe présente de plus un problème de phobie des chiens…
Ma visite est mensuelle, et il s'instaure au sein du groupe une belle relation de convivialité, de découverte, de complicité avec Preyka et Sonate. Très rapidement, nous sommes attendus et les jeunes sont empressés de promener les chiens, de les brosser, de les caresser. Cette intervention existe toujours, une fois par mois, mais la formule a bien évoluée, car d'autres chiens avec leur maître m'accompagnent maintenant.
Sonate a beaucoup apporté au sein du groupe, notamment pour le jeune homme phobique qui arrive maintenant à rester non loin des chiens. Mais l'histoire ne s'arrête pas là ; Sonate intervient aussi auprès de personnes âgées en maison de retraite. Là encore, elle dénote : elle se rend auprès de tous les résidents, réclame sa caresse, et quand elle en a assez reçues, se couche sur les chaussons des résidents qui ne demandent que cela… Elle soulève les commentaires, les intérêts, les caresses, et surtout, bien qu'elle soit effectivement si près du sol, certaines personnes âgées feront l'effort de se baisser ou de se pencher pour la caresser, lui tendre le bras, la main… elle a gagné, elle a réussi à les stimuler et c'est déjà si important…
Bref… Sonate est un chien visiteur fabuleux, avec une capacité à entrer en relation avec les personnes handicapées ou les personnes âgées qui est géniale. Avec sa nonchalance, son calme, son flegme aussi, sa présence chaleureuse et douce, elle est un « chien visiteur » presque parfait ! Je dis presque, car quand elle décide de dormir…. elle dort ! Vous savez ce que c'est !
Elle a fêté son 11e anniversaire au moment de Noël avec brios, et depuis 2011, elle fait certaines visites avec E'ZEN, notre deuxième basset arrivée dans notre foyer en janvier 2010. Et alors là, deux bassets en visite dans les maisons de retraite, je ne vous raconte pas… surtout que deux chiens de même race n'ont pas forcément le même caractère.
E'Zen est un pitre, un petit clown, d'une gentillesse à toute épreuve, elle en est même vulnérable je pense. Alors faire des petits numéros d'adresse (elle danse, elle fait la belle, elle aboie sur commande…) devant les mamies et les papys, elle ne se gène pas, la récompense d'une croquette étant au bout de ce travail !
Chez elle aussi nous avons découvert des capacités à exploiter : E ‘Zen adore les enfants, bien plus que les personnes âgées. Parce que les enfants bougent, sautent, jouent, courent, bref, ils font tout ce qu'elle adore car elle est très vive, toujours à 15 attendre qu'il se passe quelque chose.
Alors, E'Zen, « chien visiteur », est en première ligne au sein de notre action du club canin auprès de jeunes enfants : nous faisons des séances de travail de prévention des morsures et là, elle est au top ! Connaissant le basset et sa capacité à « ranger ses dents », il est évident qu'avec Sonate et E'Zen nous générons de grandes joies auprès de ce jeune public.
Pour ma part, quand je fais des interventions « chiens visiteurs », avec elles, je suis confiante, tranquille, et fière de leurs capacités à s'adapter, à apporter de la tendresse, du réconfort et de la chaleur à des populations fragiles, en souffrance souvent.
Mais qui dit bassets, dit canapés…. Cependant, n'oublions pas les facultés de chasse de ces chiens, leur nez sans égal, leur endurance et leur plaisir à la promenade. Sonate et E'Zen font également partie de la section éducation de notre club. Si certains pensent que le basset « n'en fait qu'à sa tête et n'écoute rien », je voudrais dire que ce n'est pas une généralité. Avec de la complicité, de la bienveillance, du jeu, un basset apprend aussi vite qu'un autre chien. Je pense par exemple au rappel : toutes les deux sont au top, même si parfois ça rate, ce n'est pas grave, l'essentiel c'est que le chien ne se mette pas en danger (en forêt par exemple). Après, tous les babas n'ont pas le même tempérament et le même vécu, ce qui peut changer la donne.
Le basset hound est un merveilleux compagnon, mais il est plein de ressources pour fournir « un travail ». L'inaction totale n'est pas saine pour l'équilibre psychique d'un chien. Alors n'hésitez pas, réfléchissez en quoi votre basset peut apporter du bon. Il vous sera reconnaissant que vous le mettiez, telle une star, sur le devant de la scène, si du moins… il y a une petite croquette bien méritée au terme de son « boulot » et si le travail qui lui est demandé est adapté !!!

Evelyne LAUBER
Club Canin de St Dié des Vosges

Interview de MM Saudade, Martine Marchal, peintre portraitiste





INTERVIEWSAUDADE

Connaisez vous la canimarche?

Annie, notre secrétaire vous fait connaître cette discipline, elle l'a pratique avec Vesta sa bassette très connue  pour sa démonstration d'obé-rythmée lors de nos journées.

Bonjour Annie, parle-nous de la canimarche ?
C'est une activité pour tous: maîtres et chiens de toutes tailles, tous genres et tous âges.
C'est chacun à son rythme pour le simple plaisir de marcher avec son chien.


Quelles sont les règles ?
Il suffit de former une équipe maître/chien sur une distance définie.
La règle de base est de ne jamais forcer son chien en lui imposant un parcours, mais de partager le plaisir de l'effort.


Comment as tu connu la canimarche ?
Grâce à des relations de club canin, organisateur de la manifestation
Ne pas hésiter à participer à ces sympathiques manifestations en compagnie de son meilleur ami tout simplement pour prendre l'air avec lui.


Qu'est ce qui t'a motivée  à y participer ?
D'abord, j'aime la nature et marcher avec mes chiens.

Avec quel chien as-tu décidé de participer, et sur quelle distance ?
J'ai pris Vesta, basset hound alors âgée de 6 ans sur une distance vallonnée de 4,8 Km.
Je voulais faire voir que nos bassets souvent montrés comme flegmatiques, aiment marcher, et que cette distance ne leur fait pas peur.


Comment s'est comportée Vesta ta BH ?
Elle a bien marché et a même étonné beaucoup de gens, seule représentante de sa race, elle est arrivée dans les premiers.
Bien parties, nous en avons doublé pas mal!


Es tu partante pour une autre canimarche et pourquoi ?
Bien sûr que je suis partante pour la prochaine sortie, c'est une discipline familiale et amicale pour découvrir la nature en participant à des rencontres regroupant ceux qui aiment les animaux et l'environnement, le 6 mars, lors de la prochaine sortie, Diane, BH de 2 ans m'accompagnera, Vesta 7 ans, préférant " lever la patte " sur cette discipline et garder son énergie pour l'obé-rytmée.
C'est aussi un sport canin ludique pratiqué en loisir ou en compétition.


Merci Annie et bonne canimarche avec Diane

Vous avez dit chasse ??


Voici septembre et avec lui l'ouverture de la chasse, discipline souvent décriée, aussi j'ai voulu donner la parole à Richard DROUIN un passionné, qui a fait de la chasse un moment de complicité avec ses basset hounds, chiens de chasse par excellence.

Bonjour Richard, merci de bien vouloir nous expliquer ce qu'est la chasse avec des basset hounds ?
Dans la chasse, souvent le public ne retient que l'acte de prélèvement qui est à l'origine l'objectif. Mais de plus en plus de chasseurs ne trouvent plus de plaisir dans celui-ci mais bien plus dans la recherche du gibier et du travail des chiens. Mon but n'est pas de faire l'apologie de la chasse, car je sais que de nombreux abus existent, que les images véhiculées par certains actes de chasse sont désastreuses (type lâchers de gibier, battues où l'animal n'a aucune chance, tableaux de chasse écoeurants, mépris et comportement hautains de certains chasseurs……), mais il existe aussi d'autres types de chasse, où le lien avec le milieu naturel et le chien sont les principaux éléments recherchés, où il existe une considération pour cette nature.
Le Basset Hound appartient au 6e groupe des chiens courants.

Un chien courant quand il chasse, suit la piste laissée par un gibier qui court (donc le gibier à poil). A l'image de son ancêtre le loup, il a l'instinct de ne pas perdre cette piste et de la suivre le plus longtemps possible. Le prédateur rattrapait à la longue sa proie, en l'usant à la course. Pendant la chasse, le chien ou le loup donne de la voix pour indiquer à ses confrères qu'il a connaissance de la piste recherchée, car ce sont des animaux qui chassent en meute. En effet, ils ont l'instinct de s'associer pour ainsi former une meute qui va déjouer les ruses de la proie et l'attraper. A plusieurs on a plus de chance de retrouver la trace que seul… Le Basset Hound par son bassetisme ne peut rattraper un gibier à la course ou de façon très exceptionnelle. Mais il possède cet instinct de chercher les pistes de gibier, d'aboyer quand il en trouve une et de la suivre le plus longtemps possible.

L'homme a sélectionné cette race par rapport à sa petite taille qui lui permet de passer dans des endroits difficiles, et de ne pas courir trop vite. Dans l'acte de chasse, le chasseur qui veut prélever, laisse les chiens mener la piste, en sachant qu'un gibier fuit devant les chiens et que les aboiements des chiens qui chassent lui permettent de situer l'acte de chasse. Il se poste alors à des passages clés en espérant que le gibier passera là où il est et qu'il pourra ainsi le tirer. Sur le terrain, ce n'est pas aussi simple que cela. C'est déjà différent si vous faites chasser un, ou plusieurs chiens. Un chien seul devra faire tout le travail, c'est à dire chercher le passage d'un gibier, remonter ensuite jusqu'au lieu où il se situe, puis une fois que le gibier fuira, il devra suivre la piste laissée par le gibier qui lui, va mettre en place toutes les ruses inimaginables pour perdre son poursuivant. Si vous avez une meute, c'est une vraie équipe qu'il faut mettre en place. Chaque chien a ses qualités et défauts, ses spécialités et ses lacunes. Sur l'équipe mise en place repose le déroulement de la chasse. Il y a le chien qui est spécialisé pour trouver une présence de gibier, il y a celui qui est spécialiste pour retrouver la piste dans les moments où les autres l'ont perdue, il y a le meneur, c'est lui qui sur la piste emmène tout le monde de façon sûre, Et bien sur, tous doivent courir à la même vitesse, car une meute disloquée dans tous les sens est inutile, le travail d'équipe n'existe plus. Il faut constituer sa meute en ayant toutes ces connaissances, en sachant qui va pouvoir s'intégrer ou non, et qui courre à la même vitesse.
C'est pourquoi il est difficile de mélanger de vieux chiens avec de très jeunes.

Lors de la chasse, le ou les chiens peuvent avoir besoin de l'aide de l'homme. Le gibier poursuivi développe de nombreuses ruses, qui mettent en perdition les chiens. Lorsque les chiens ont perdu la piste et qu'ils ne la retrouvent plus, l'homme, avec son expérience du comportement du gibier les conduit vers les endroits où il pense que le gibier ait pu passer. Pour cela il faut rester continuellement au contact des chiens donc il faut courir avec eux et ne plus être posté à les attendre. Lors de la chasse dans une meute, on assiste régulièrement à une faute d'un des chiens. Un chien qui s'écarte ou un qui reste en arrière alors que les autres sont repartis, il faut que le conducteur soit là aussi présent pour ramener le récalcitrant dans l'équipe.

L'action de chasse avec un ou une meute de Basset Hounds peut durer très longtemps, toute la journée voir plus sur le gros gibier. Le gibier a des capacités d'endurance énormes pour résister à une meute de bassets, et c'est toujours lui qui gagne si l'homme ne met pas fin à sa course. Alors c'est un grand terrain de jeu pour nous, le jeu du chat et de la souris et c'est ce qui nous plait.

Tout ce que j'aime dans la chasse avec mes Basset Hounds, réside dans la composition de l'équipe de chiens, dans l'observation de leur travail et leur complicité entre eux (ils savent bien qui fait quoi), dans le déroulement d'un parcours de chasse, qui comprend différents actes, dans la capacité de l'animal sauvage à ruser et à perdre ses poursuivants, dans la capacité des chiens pour déjouer les ruses de cet animal, dans l'observation du plaisir indéfinissable des chiens quand ils chassent, dans le spectacle que nous offrent ces acteurs, dans l'observation de la faune sauvage.

De plus en plus de chasseurs aux chiens courants ont laissé leur fusil à la maison pour courir avec leurs chiens et aspirer à faire fonctionner cette équipe, ils font ainsi partie de la meute ce qui renforce les liens conducteur-chiens. Je ne prends quasiment jamais mon fusil, là n'est pas mon plaisir, le gibier n'est pas tiré. Je remercie l'animal sauvage pour avoir bien voulu « jouer » avec nous. Certes il a été dérangé, mais combien de fois ai je vu un lapin s'arrêter dans un chemin, se mettre debout sur ses pattes arrières pour écouter où en étaient ses poursuivants, estimer qu'il avait suffisamment d'avance pour se gratter encore un peu derrière les oreilles, manger une touffe d'herbe et repartir tranquillement faire une autre ruse un peu plus loin pour remettre en perdition ses poursuivants, ou voir un lièvre à un carrefour de chemins, dessiner sereinement une belle étoile puis d'un saut immense repartir plus loin tranquillement… ou voir sur la crête d'une colline des chevreuils nous regarder essayer de démêler le fil d'Ariane qu'ils venaient de nous tracer…


Depuis combien d'années chassez vous et comment est née cette passion pour la chasse et pour ce chien ?
Cela fait plus de quinze ans que je chasse avec des Basset Hounds, avec toujours ce même état d'esprit. Je ne recherche pas le prélèvement mais le plaisir du travail du chien
C'est le hasard qui m'a conduit à faire travailler ce chien, j'avais une amie qui un jour a ramené une chienne chez nous. Je ne savais même pas que cette race existait. Je me suis alors documenté sur cette race et ai découvert que c'est un chien de chasse à l'origine. Par défi et jeu, je me suis lancé à faire travailler cette chienne. Ce fut une découverte pour elle et pour moi (non sans mal). C'est en l'observant faire que j'ai appris, que j'ai compris. C'est elle qui m'a donné ce virus, ce n'était plus le même chien, elle a changé de comportement, elle avait de l'énergie, du plaisir, de la passion. Et quelle complicité entre nous deux. J'ai appris à comprendre ses réactions, ses aboiements, j'ai découvert toutes les subtilités et capacités des animaux sauvages. Puis je me suis lancé à constituer une petite meute, et là, la composition d'une équipe, le mariage des capacités de chacun pour arriver à une osmose, cela m'a passionné. Mais c'est surtout la complicité qui est née entre les chiens et moi, il n'y a plus de maître, il y a un équipier… il suffit de voir comment ils me regardent dans ces moments là. Je suis heureux pour eux.

Aujourd'hui j'ai une douzaine de Basset hounds avec qui je chasse, je les mets parfois tous ensemble, mais rarement car il y a trop de différence de train entre les vieux chiens et les jeunes.
J'essaye de composer des meutes mixtes, avec des adultes en pleine force de leur âge et de l'expérience, et des jeunots qui ont un peu tendance à faire les grands fous. Les adultes leur apprennent. Mes vieux chiens je les emmène tant qu'ils peuvent marcher. C'est leur vie la chasse. Ils ont toujours chassé. Le jour où ils ne pourront plus chasser ils ne seront plus eux même. J'ai une vieille chienne qui est un peu tristounette le printemps et l'été et qui retrouve le moral dès le retour à la chasse.

Je me suis attaché à cette race par circonstance. Ensuite je me suis intéressé à d'autres races, mais je suis resté fidèle au Basset Hound pour plusieurs raisons. Je pense qu'au niveau caractère doivent se trouver quelques similitudes entre lui et moi. C'est un chien d'apparence lymphatique parfois, mais qui dès qu'on l'emmène faire ce qu'il aime montre un tout autre visage. Il peut dès lors être très énergique ! C'est un chien qui est assez lent à la chasse (c'est relatif car quand il court derrière un chevreuil, vous ne le suivez pas), donc sa relative lenteur me permet de le suivre plus facilement. Ensuite il a une gorge magnifique (sa gorge c'est le timbre de son aboiement qui est souvent grave et profond, un concert d'une meute de Basset hounds qui chassent dans une vallée, c'est magnifique, ça sonne dans toute la vallée, ça vous remonte dans les tripes), il est également très têtu, à la chasse il ne va jamais lâcher, il va chercher toujours à retrouver cette fameuse piste. Ensuite il a une façon de chasser propre à sa race qui me plait. On dit qu'il est collé à la piste, c'est à dire qu'il a le nez très près du sol quand il chasse pour aller capter les odeurs, il est très minutieux dans sa façon de décortiquer les effluves laissées par le gibier poursuivi, à l'inverse d'autres races qui vont plus vite mais sont plus brouillonnes.

Bref, c'est plus un chien de puriste. Je pense que c'est par défi que je suis resté au Basset Hound. Très peu de chasseurs utilisent ce chien (c'est dommage pour la race et pour lui), car il est plus souvent vu comme un chien de compagnie (alors que lui ne demanderait pas mieux que d'aller traîner dans les bois). Par défi et pour montrer que ce chien pouvait très bien se défendre je suis resté au Basset Hound

Ensuite il a quand même une tête et un comportement qui me font craquer… de grands clowns.


Qu'est ce que cela vous apporte ?
Un plaisir de partager le plaisir de mes chiens. Le chien le fait par passion car dans ces moments nous faisons parler leur instinct. Ils ont été conçus pour cela. Rien que de les regarder j'ai le sourire. Je fais équipe avec eux, à aucun autre moment de notre vie nous n'avons une telle complicité.

Une espèce de communion avec la nature, je vois beaucoup de belles images, des clichés étonnants, suis loin de la civilisation et de ses bruits, suis seul avec mes chiens et le sauvage dans un cadre magnifique, dans des lumières variées.

La passion également de guider mes chiens, de les faire progresser dans cette activité qui les fait vibrer, car un chien acquiert un savoir, de l'expérience au fil du temps. La recherche de la composition de la meilleure meute possible avec la découverte des capacités de chaque chien et le suivi de son apprentissage et de ses progrès.

Le plaisir d'entendre une meute mener un gibier avec ce concert de récris où je reconnais chaque aboiement, aboiement guttural qui vient du fond du chien (ce n'est pas le même aboiement qu'à la maison par exemple)

Le jeu de me mesurer à dame nature, de déjouer ses ruses, de faire jeu égal avec elle le plus longtemps possible même si elle finit toujours par gagner.


Tous ont-ils eu l'instinct inné de la chasse ou a-t-il fallu leur apprendre ?
On ne leur apprend pas comme on peut apprendre à un chien le rapport. Ce n'est pas du dressage, c'est leur aptitude. On ne fait que réveiller l'instinct qui est en eux. Alors pour certains cet instinct se réveille très vite et pour d'autres c'est très long ! Voire pour quelques rares réfractaires il ne se réveillera jamais.

On réveille l'instinct du chien en le mettant en présence d'odeurs de gibier. A force de renifler tout ce qu'il trouve le chien va croiser ses odeurs spécifiques et cela va réveiller en lui son instinct de prédateur.

Mais si cet instinct ne se réveille pas, le chien ne chassera jamais et je ne pourrai pas lui apprendre.

Il faut parfois une seule sortie pour réveiller l'instinct de chasseur chez le chien. Je prends occasionnellement des chiens de tiers pour les mettre à la chasse. Sur quelques rares cas, il m'a fallu parfois plus d'une quarantaine de sorties pour arriver à les faire chasser, pour deux d'entre eux je n'y suis pas arrivé.

Plus on commence tôt plus le chien apprend vite (je commence tout doucement vers leurs 6 mois).

Les origines des chiens comptent dans cette capacité à chasser, mais quasiment tous les Hounds sont capables de chasser. Ce qui diffère un bon chien d'un moyen, c'est ensuite sa capacité à trouver et à maintenir la piste du gibier quelque soit le temps ou le terrain sur lequel il évolue.

Il faut savoir que l'odeur laissée par le gibier en fuite est très fluctuante. Elle est plus ou moins perceptible, selon les conditions météo, la température, le type de sol, le type de gibier. J'ai déjà vu le lapin vingt mètres devant les chiens qui n'arrivaient pas à suivre sa piste tellement l'odeur laissée ce jour là était imperceptible. Et j'ai vu à l'inverse un autre jour, les chiens arriver sur une piste une demie heure après le passage du gibier. Un bon chien sera celui qui arrivera à maintenir la piste malgré des conditions exécrables. Il lui faut de la volonté et de la finesse de nez. Certains chiens ont l'instinct de deviner la chasse, d'anticiper les ruses du gibier, d'autres pas. C'est par l'expérience et en les guidant qu'ils vont apprendre à déjouer tous ces obstacles. Donc là oui, une fois que le chien chasse, je peux l'aider à acquérir de l'expérience.


Vos chiens sont ils contents d'aller à la chasse et à quoi le voyez vous ?
Pour eux, la chasse c'est viscéral. Je pense que c'est difficile à comprendre pour quelqu'un qui n'a jamais vu cela. Il m'arrive d'emmener avec moi des personnes qui n'ont jamais vu chasser des Basset Hound. Elles sont stupéfaites de voir l'énergie développée par ces chiens, par leur enthousiasme, leur passion à dénicher les odeurs, des chiens qui courent, qui savent où ils vont et qu'il faut parfois freiner, on a l'impression qu'ils veulent tout casser... Quand ils aboient sur une odeur, ça leur vient du fond des tripes et ils aboient à pleine gorge. Quand vous les voyez rentrer tout seul dans des ronces épaisses, vous vous dites que vraiment ils aiment ça pour y aller comme ça.

Je vois la différence quand je les emmène juste se promener. Ce n'est pas le même protocole de préparation, d'habillement, … ils sont joyeux, c'est certain. Mais quand ils me voient préparer la remorque, le sac de chasse, ils ne sont plus joyeux, ils sont fous ! Et ils foncent à la remorque ! La différence est flagrante.

Parfois on me dit, « mes chiens sont joyeux aussi quand je vais les balader, je n'ai pas besoin de les emmener à la chasse ». Oui mais vous n'avez pas l'élément de comparaison. Je vois la différence entre le jeu, la ballade et la chasse. Autre détail, dans la plupart des foyers, le maître est celui qui donne la nourriture. Chez nous l'un donne la nourriture et l'autre les emmène à la chasse, le maître, c'est celui qui les emmène à la chasse, c'est l'équipier.

C'est excellent pour leur santé. Cela fortifie leur musculation, contribue au bon fonctionnement cardio-vasculaire, leur évite de faire de l'embonpoint. J'ai une vielle chienne de 11 ans, elle aurait du être euthanasiée depuis deux ans selon les vétos, à cause d'une colonne pétrie d'arthrose. C'est grâce à la chasse et à sa musculation dorsale qu'elle peut encore être en vie aujourd'hui.


Quelle forme de complicité y a-t-il entre vous ?
Difficile à décrire. Nous sommes une équipe. Je suis le chef de meute qui décide quand on y va et où on va. Eux sont les acteurs de l'équipe. Nous savons que nous avons besoin des uns des autres. Et ça se lit dans les yeux. Quand ils se perdent, ou que je les ai perdus de vue, et qu'ils ont fini de chasser, ils me recherchent automatiquement. Souvent pour me retrouver ils remontent ma piste s'ils la croisent dans un chemin. La complicité elle est dans l'écoute. J'ai des mots, des intonations de voix qu'ils connaissent et qu'ils savent interpréter, et moi de même. Je les laisse faire quand ils sont dans leur rôle, ils m'écoutent attentivement quand ils ont besoin de moi. C'est un échange

Pour vous qu'est ce une bonne journée de chasse ?
C'est une journée où mes chiens auront pu s'exprimer, où ils auront pu trouver une piste qu'ils auront bien exploitée et qu'ils auront bien maintenue dans le temps, qu'ils auront réussi à déjouer avec succès le maximum de ruses du gibier. Que le tout se soit déroulé avec l'ensemble de la meute, une meute compacte, soudée. Qu'ils aient eu du plaisir. Que la menée aura été belle, sonore (on appelle cela la musique des chiens), que j'aurai pu apercevoir le gibier de chasse me montrer l'étendue de ses ruses.

Je me souviens d'un renard qui dans sa fuite et la piste qu'il a dessinée, les a emmené dans des jardins privés. Il n'arrêtait pas de passer et de passer sous les grillages à des passages précis où les chiens avaient du mal à passer (je suis sûr qu'il le savait). Il leur faisait des allers et des retours (c'est infernal ça pour un chien), et une fois que les chiens furent complètement dans le pétrin à essayer de démêler tout cela, je l'ai vu reprendre au petit trot dans le sens inverse où il était venu, le chemin communal, tranquillement à dix mètres de moi. Il est tombé nez à nez avec mon amie, n'a pas eu peur d'elle plus que ça, a daigné quitter le chemin sans panique, pour s'en aller à ses affaires…

Quelle belle journée, j'ai vu travailler mes chiens, j'étais avec eux, ils étaient passionnés, ils chassaient, perdaient, retrouvaient, le tout en meute, ils ont eu affaire à un as de la ruse, j'ai vu mon renard pas affolé du tout, content de son tour de passe-passe, j'ai compris ce qu'il avait fait. Quel beau théâtre, et quel clin d'oeil de la nature…
Merci Richard d'avoir répondu à mes questions, bonnes parties de chasse avec vos hounds


Interview réalisée par Marc Segaud

Un virus qui s'appelle "Collection"

Eleri Pastouret est notre Trésorière, mais elle ne fait pas que ça dans la vie ! 
Que peut elle bien faire ?
Elle est atteinte par ce drôle de virus, c'est une « collectionneuse » de tout ce qui concerne le Basset Hound. 
Faisons connaissance avec elle et sa passion dévorante.

Bonjour Eleri,  alors  vous êtes une collectionneuse ?
Oui, depuis l'enfance j'ai toujours collectionné des choses.  Toute petite, c'était des coccinelles (vivantes) que je ramassais dans le jardin ! Ensuite, je me suis intéressée à la philatélie – passion qui a duré jusqu'à ma rencontre avec les Basset Hounds.

Comment votre collection sur  les Bassets a-t-elle débuté ?
J'ai eu mon premier basset hound, Misty, en 1992. 
Pour Noël, ma mère m'avait offert un Basset Hound en porcelaine.  C'était la première pièce de ma collection.  Petit à petit, j'ai commencé à acheter des figurines, les cartes postales que je trouvais.


Aujourd'hui vous avez beaucoup de cartes et d'objets, n'est ce pas ?
Oh oui !  Il y a plus de 1750 objets et presque 7000 cartes.

Vous dites «objets », vous voulez dire des figurines ?
Pas seulement des figurines.  Il y a de tout dans la collection : toutes sortes de figurines, bien sûr, mais aussi des vêtements, des livres (plus de 400), des horloges, des pin's, des aimants, des autocollants, des peluches, des tableaux, des affiches publicitaires, des tasses …. La liste est très longue !

Et les cartes postales, comment les trouvez vous ?
Je ne fais pas que des cartes postales, il y a aussi des cartes de vœux, de partout dans le monde.  Quand je vais quelque part, que ce soit en ville, ici à Vence, ou en vacances quelque part, je ne peux m'empêcher de rentrer dans chaque carterie ou papeterie sur mon chemin, dans l'espoir de trouver une carte que je n'ai pas encore. (Mon mari est très patient !) Mes amis m'envoient des cartes et j'en achète sur Internet, aussi.

On peut voir la collection quelque part ?
Oui, avec plaisir. Vous êtes la bienvenue chez moi ! Sinon, j'ai crée un « musée virtuelle » du Basset Hound sur mon site Internet : www.bassettissimmo.com  et là il y a tous les objets et toutes les cartes que je collectionne.

Quel est votre rêve ?
Un jour dépasser les 10,000 cartes !

Attention danger ou l'histoire de Caramel

La vie de Caramel avait mal débuté, puisqu'elle avait commencé en animalerie avec tout ce que cela comporte comme désagréments pour les chiots. Par chance sa route avait croisé une famille avec qui elle partageait sa vie depuis 1 an ½.
Caramel est une chienne aimée mais suite a des changements d'horaires contraignants  ses propriétaires décident de s'en séparer afin qu'elle ne soit plus continuellement seule.
Et c'est sur recommandation d'un membre du comité du club du basset hound que son propriétaire rentre en contact avec nous.
Après une longue discussion  avec le  propriétaire pour voir si cette séparation est justifiée ou non,
Rodolphe, notre responsable SOS  prend la décision d'aider, comme il nous arrive souvent, mais hors association, et si nous n'avons pas des chiens en refuge, qui eux restent prioritaires.
De toute façon les propriétaires de Caramel ne sont pas pressés et préfèrent prendre leur temps pour trouver une bonne famille.
Le lendemain nous avons vent d'une annonce sur un site internet d'un chien qui correspond à Caramel.
Aussitôt Rodolphe, envoie un mail à son propriétaire. Il faut le mettre en garde sur  tous les dangers qu'il fait courir à sa chienne en passant une telle annonce.
Voici ce signal d'alarme qui lui a été adressé
Bonjour Monsieur,
C'est à titre personnel et non au nom de l'association que je me permets d'intervenir auprès de vous,au sujet de Caramel pour qui vous avez passé une annonce dans le …
Vous n'auriez pas dû. Des professionnels sont à l'affût de ce type d'annonce et prennent contact avec vous, bien souvent par personne interposée. Vous aurez le sentiment d'avoir à faire à un particulier, alors que ce n'est pas le cas. Il vous laissera même penser que vous aurez des nouvelles et que vous pourrez lui rendre visite quand vous le souhaitez. Caramel se retrouvera à vivre en cage et à reproduire ou bien revendue au premier venu si elle n'est pas bonne reproductrice.  
J'ai bien ressenti qu'il était important pour vous de ne pas vous tromper sur sa nouvelle famille.
Faites très attention, lorsqu'elle sera partie de chez vous, il sera trop tard pour intervenir.
 Cordialement
Rodolphe

Et voilà, la réponse de ce monsieur qui est plus qu'édifiante
Monsieur,
Je vous remercie pour votre mail et ainsi attirer notre attention sur ce genre de comportement auquel je n'avais pas pensé.
En effet nous avons activé notre annonce (le bon coin)  hier à 16 h 30. Nous avons reçu 30 appels téléphoniques et une vingtaine de mail !!!
Nous souhaitions par ce biais pouvoir trouver une famille d'accueil plus  près de chez nous. Sur les 50 possibilités, il nous est très difficile d'en faire un tri judicieux pour le bonheur de CARAMEL. Je dirai même que nous nous sommes compliqués l'esprit à outrance. Cela passe en effet par des réactions et des situations qui me laissent  perplexes. Nous avons eu droit à un peu tout, de la personne qui est prête à débouler dans le 1/4 d'heure  qui suit  pour récupérer le chien à la personne qui nous indique avoir déjà un basset hound, être amoureuse de cette race, nous indique un blog pour y voir leur chien et nous constatons en fait que c'est un éleveur déguisé aux personnes nous indiquant qu'ils ont le profil requis maison, terrain et après vérification dans les pages de l'annuaire nous constatons qu'ils habitent en HLM et qu'ils nous ont berné depuis le début!!!
Notre but final n'a pas changé et reste le même, le bonheur de CARAMEL . Nous ne sommes toujours pas pressé par le temps mais néanmoins nous avons besoin de votre aide.

La chance a continué de sourire à Caramel, grâce à un de nos contacts mis en relation par notre monsieur SOS avec sa famille, elle coule des jours heureux en Normandie, Caramel fait partie des X bassets qui ont retrouvé une nouvelle vie, grâce au travail de l'ombre, où seulement l'amour de nos bassets compte et où le nom de notre association prend toute sa valeur, car ce coeur caché sous cette oreille existe bien

Connaissez-vous l'obé rythmée ?



Bonjour Annie, comment t'es venue l'idée de présenter une telle prestation à la journée du coeur de Bras?
A force de me voir travailler l'obéissance et l'agility avec les boxers, Vesta, basset hound de son état, avait envie de me prouver qu'elle pouvait aussi accomplir quelque chose pour
me faire plaisir :
Aller chercher la balle et me la rapporter, rouler sur elle-même etc. ainsi l'idée de faire  une démonstration d'obé rythmée était née avec le défi de montrer qu'un hound peut faire autre chose que chasser ou passer ses journées sur un canapé.


Est ce que la préparation a demandé un gros travail?
Quelques exercices travaillés chaque jour quelques minutes pendant plusieurs mois, beaucoup de patience, de calme et d'indulgence (car si le chien ne comprend pas  c'est que le maître n'a pas su bien expliquer)
Une musique sympa et entraînante....à la maison, ça fonctionne bien mais le jour J devant 200 personnes et en présence d'une centaine de chiens dont quelques admirateurs déchaînés ?


Avais-tu quelques craintes le moment venu?
Ce n'était pas une compétition donc pas d'enjeu important, la pression était supportable  et malgré tout ce monde autour, la puissante sono auraient pu la troubler mais sa forte personnalité et une totale confiance en moi lui ont permis de surmonter tout cela et je comptais bien sur l'indulgence du public en cas d'échec!

Comment s'est déroulé ce spectacle?
Ce jour là elle est restée complètement à l'écoute bien au-delà de mes espérances, imperturbable du début à la fin malgré l'intrusion intempestive d'un fan acharné!

 Peut-on remettre en question la réputation de chien têtu du basset hound ?
 Non car son entêtement peut devenir un atout...avec l'aide de quelques friandises

Es-tu satisfaite du résultat? Es-tu fière de Vesta?
Les spectateurs m'ont montré combien ils avaient apprécié et je les remercie. Ce fût pour nous deux un grand moment de pur bonheur; nous recommencerons!
    

Un autre regard sur le basset hound



Interview de  Jean-Marie BURLET Président de l' ECERPE (Drôme)
(Equipes cynophiles et équestres de recherche de personnes égarées)


  • Depuis combien de temps faites-vous de la recherche de personnes avec un chien ?
JMB 25 ans
 
  • Quelle a été la première race de chien avec laquelle vous avez travaillé ?
JMB BA
 
  • Dans quelles circonstances avez-vous acquis votre premier basset hound ?
JMB un cadeau de l'équipe cyno
 
  •   Comment en êtes-vous venu à vouloir travailler avec un basset hound ?
JMB chiot j'ai effectué une petite piste vue le résultat très positif, j'ai continué
 
  • A votre avis quelle est la différence fondamentale entre le basset hound et un autre chien ?
JMB un flaire exceptionnel, et sa petite taille
 
  • Quelles sont ses qualités sur le terrain ?
JMB têtu résistant, et son nez
 
  • Quels sont ses défauts ?
JMB têtu, plein de conneries
 
  • Que peut-on dire de son endurance ?
JMB très bonne
 
  • Pensez-vous que certains particuliers pourraient envisager de faire du "pistage" avec leur basset au sein d'une association canine ?
JMB oui, oui,et oui sans problème
 
  • A-t-il participé à un sauvetage ? dans ce cas là, quel est son travail ?
JMB pas encore mais j'espère un jour
 
Pour terminer, nous  vous laissons le mot de la fin, que représentes pour vous votre BH, et le BH en général
JMB pour moi un bon chien de travail, à ne pas laisser dans les mains de tout le monde, malgré son regard triste, il peut être redoutable avec des maîtres sans autorité

Merci d'avoir répondu à nos questions , nous vous souhaitons beaucoup de réussite à vous et à votre équipe
    

Faisons connaissance avec Monsieur Adoptions, notre vice président Rodolphe Falzerana



Bonjour Rodolphe. Tu es membre de l'association depuis le début, et pour mieux te connaître, j'ai deux ou trois questions à te poser :

  • Tu es le coordinateur des sauvetages, comment te parviennent les SOS?
Les premiers temps, les SOS étaient communiqués par les correspondants ou les membres de l'association qui avaient relevés une annonce sur le Net. Aujourd'hui, notre association commence à faire parler d'elle et nous avons également des SPA, ainsi que des propriétaires de basset hound qui nous informent des abandons ou des risques d'abandon.
S'il s'agit d'un basset hound abandonné dans un refuge animalier, notre rôle est d'intervenir pour proposer notre aide qu'il soit LOF ou NON, qu'il soit pure race ou genre B.H.
Si la requête émane d'un particulier qui souhaite abandonner son Baba, nous le contactons  pour l'inviter à trouver une solution pour ne pas l'abandonner.


  • Quand tu prends connaissance d'un nouvel appel au secours, à quoi penses tu?
Je pense d'abord au chien abandonné. Je le vois derrière les barreaux et j'imagine sa détresse. Je me demande également comment le propriétaire a pu passer à l'acte.
La première approche est alors de vérifier la validité de l'annonce en appelant la SPA.
Ensuite, il me faut recueillir des photos ainsi qu'un maximum de renseignements sur le chien. (Son âge, son passé, sa santé, les frais d'adoption etc..…, soit un formulaire d'une page qui nous permettra de  travailler dans de bonne condition et de ne pas faire d'erreur.
Vient ensuite, la diffusion de l'information à l'ensemble de nos correspondants ainsi qu'aux membres du bureau, autrement dit, à tous les maillons de notre chaîne.
Le départ des recherches est ainsi lancé.


  • As tu déjà douté sur le fait de trouver une famille pour un Baba?
Oui, deux fois.
Pour Lucie, 12 ans. Son âge représentait à mes yeux, un sérieux handicap. Je pense que la réussite de ce sauvetage est due au fait qu'il a eu lieu en période de Noël. La sensibilisation a été grande, ce qui a bien aidé.
La deuxième fois, pour Verner et Volta qu'il ne fallait pas séparer. Je connais la difficulté de placer un couple de chiens. Je l'ai vécu par le passé. La période ne se prêtait pas à ce genre de sauvetage (juillet/août). C'est une mobilisation exceptionnelle au sein de notre réseau qui a permis la réussite de ce sauvetage.


  • Quelle difficulté majeure as tu rencontré pour un sauvetage?
Je crois que c'est le manque de coordination dans les actions entre la SPA et notre association. Dans ce cas la tâche devient difficile.

  • Côté sauveteurs, stresse ou détente pendant un sauvetage ?
L'ambiance au sein de notre réseau, au moment des sauvetages est très agréable. Disponibilité totale, bonne humeur, échange de mails amusants, etc……

  • Comment réagissent les refuges face à l'action de notre association ?
Ils acceptent notre aide, mais bien souvent sont trop exigeants vis-à-vis des contacts que nous leur adressons. Ils sont habitués à recevoir un public, géographiquement proche. Ils sont donc réticents  pour traiter une adoption à distance. Ils ne jugent pas utile, non plus de nous prévenir de l'évolution de l'adoption, alors que de notre coté, nous nous mobilisons pour obtenir un résultat. Bien souvent, lorsque nous avons réussi à trouver une famille, le Baba était déjà adopté. Nous allons naturellement essayer de développer une meilleure communication entre les SPA et notre association.

  • Quel est le plus long trajet qu'un baba ait parcouru pour rejoindre sa famille d'accueil ?
Sauf erreur de ma part, c'est Baba Luc que nous avons co-voituré de la Belgique jusqu'à Lyon. IL y a eu également Amoss,  qui a été transféré de Bretagne jusque dans l'oise.

  • A ce jour, combien de Kms ont parcourus les bénévoles pour les babas ?
Impossible de totaliser les Kms. La plus part du temps les correspondants refusent de se faire indemniser pour le déplacement effectué. D'où aucune déclaration de leur part, en nombre de Kms.

  • Comment réagissent les bénévoles face à un SOS, ou lorsque tu appelles pour aller chercher un Baba ?
Face à un SOS, la réaction est immédiate. Annonces sur le net, envois de mails, mise en place d'affichettes chez les commerçants du coin. Le résultat est en bien souvent immédiat.
Pour le co-voiturage, il est arrivé qu'ils soient  partis avant même que l'orchestration du transfert soit terminée. Et oui, c'est une nuit de moins derrière les barreaux.
Sans eux, rien ne serait possible.


  • Quand un sauvetage se termine bien, quel est ton sentiment ?
C'est celui de tous ceux  qui ont participé à l'action. On ressent un certain apaisement.
On dé-stresse.


Merci Rodolphe, et à bientôt sur la toile… 
    

Coline nous raconte le sauvetage de Luc



Bonjour Coline,

  • Quel souvenir as-tu du sauvetage de Luc ?
D'abord je croyais qu'il s'appelait Coco, ou Baba … On est partis tôt le matin et on est allé le chercher chez une dame qui avait plein de Bassets Hounds. La dame nous a donné ses papiers d'identité, et de l'eau et des croquettes pour le voyage. Après un  dernier petit pipi, nous sommes partis vers Langres, où nous avions rendez-vous avec son nouveau maître. Nous avons fait faire une petite promenade à Luc en attendant son maître. Il est arrivé, très content de voir son nouveau chien. Le chien était très content lui aussi.

  • A-t-il été gentil pendant le voyage ?
Oui, il a été très gentil durant le voyage. Il était dans le coffre de la voiture, et il se mettait souvent debout contre les sièges arrières, pour regarder le paysage. Comme ça je pouvais le caresser. Il était vraiment gentil et j'ai remarqué qu'il avait de très beaux yeux.

  • Qu'as-tu pensé quand tu as laissé Luc à son maître ?
J'étais un peu triste de voir que baba devait s'en aller avec son maître, car pendant le voyage, il avait été tellement gentil que j'aurais bien aimé le garder. Mais j'ai été contente de savoir qu'il allait avoir un nouveau maître et qu'il allait être heureux. En plus, il avait l'air d'aimer déjà son nouveau maître. Alors j'étais contente qu'il soit content.

  • En as-tu parlé à l'école ?
Je n'en ai pas parlé à l'école car c'était pendant les vacances. Mais j'en ai parlé à mes mamies et papis. Ils ont dit que je devais être drôlement contente, que c'était bien d'aider les chiens abandonnés. Je leur ai dit qu'on avait eu plein de messages sur internet pour dire comme c'était bien ce que l'on avait fait. Et puis je leur ai parlé aussi de cette interview et du petit livre qui sera fait… ça fait drôle de répondre à toutes ces questions…

  • As-tu des animaux, comment s'appellent – ils ?
J'ai plein d'animaux, j'ai un Basset Hound qui s'appelle Archibald qui a 1 an et demi. Un chat noir qui s'appelle Samy, 2 lapins qui s'appellent Bugs et Bunny, 2 poissons qui s'appellent Moby et Dic, ma maman a une jument qui s'appelle Galante. Chez ma mamie, j'ai un autre lapin qui s'appelle Oscar, Chez l'autre mamie, il y a deux chats qui s'appellent Lipton et Pépère. On aime beaucoup les animaux.

  • Que penses-tu des personnes qui abandonnent leur chien ?
C'est méchant d'abandonner son chien, ils font ça parce qu'il est devenu trop grand, trop gros, et les maîtres n'aiment pas ça. Ils n'imaginent peut-être pas comment le chien deviendra quand il sera grand. C'est toujours mignon un chien bébé, mais il faut penser à comment il deviendra quand il sera grand. C'est pas difficile de trouver des photos ou des informations sur Internet, dans les livres … C'est pas bien d'abandonner son chien, c'est vraiment moche, il faut réfléchir avant, quand on achète le petit chiot.

  • Que pourraient faire les personnes au lieu d'abandonner leur chien ?
Les personnes pourraient peut-être demander à quelqu'un de leur famille. Si ils l'abandonnent parce que le chien n'écoute pas assez bien, ils peuvent peut-être aller dans un centre de dressage pour apprendre à faire obéir le chien, et pour que les maîtres s'entendent mieux avec leur chien et ne l'abandonne plus. Un chien s'est comme un enfant, quand un enfant est trop grand ou trop gros, on ne l'abandonne pas, si il n'écoute pas, on ne l'abandonne pas non plus, on parle avec lui, ou avec un docteur… ça devrait être pareil avec les chiens.

  • Que feras-tu quand tu seras grande, et auras-tu des animaux ?
J'aurai des animaux quand je serai grande, par ce que c'est un bon compagnon, on n'est pas seul quand on a un chien, c'est comme un ami, quelqu'un à qui on peut faire confiance, à qui on peut parler, qui n'est jamais fâché avec nous, c'est un ami fidèle. C'est pour ça qu'on ne devrait pas les abandonner. Quand je serai grande, j'aimerais être docteur. Et peut-être que je pourrai aussi faire comme ma maman et aider les animaux abandonné pour leur trouver un maître qui ne les abandonnera plus et où ils seront heureux.

Merci Coline
    

Derrière  chaque nom se cache une histoire



Enzo et Joséphine ont été retirés de « l'élevage » où ils vivaient et placés sous mandat de justice dans le refuge de Carros.
Un destin tragique qui croisa le chemin de Martine et Bernard.

Bonjour Martine, bonjour Bernard,

  • Vous avez eu la visite du responsable du refuge de Carros pour obtenir la garde d'Enzo et Joséphine, comment cela s'est il passé ?
Lors de la visite du responsable du refuge de Carros, nous avons présenté nos 6 chiens, fait visiter notre maison ainsi que les espaces verts. Nous avons surtout parlé de « chiens », notre passion commune.

  • Qu'est ce qui a décidé le responsable du refuge a vous accorder la garde des bassets ?
Difficile de répondre à cette question, mais je pense que le confort, la sécurité et surtout la tendresse que nous pouvions apporter à Enzo et Jojo ont été déterminants pour nous en accorder la garde.

  • Gardez vous des contacts avec le refuge ?
Nous gardons des contacts avec le refuge pour donner des nouvelles de Jojo et Enzo mais aussi pour obtenir des informations concernant le jugement prochain de leur maîtresse.

  • Enzo et Joséphine ont un lourd et malheureux passé, comment se comportent ils ?
Malgré les souffrances passées, Enzo et Jojo ont un comportement tout à fait normal. Ils sont toutefois très attachés aux paniers et coussins moelleux dont ils ont été privés si longtemps.

  • Ont-ils des comportements qui laissent entrevoir leur vie passée ?
Nous sommes certains qu'avant d'être maltraités, Enzo et Jojo ont eu une vie normale ainsi qu'une bonne éducation. Ils obéissent, sont propres, marchent en laisse, aiment les promenades en voiture et connaissent l'usage du lit !!!

  • Avez-vous réussi à les apprivoiser ?
Il n'a pas été nécessaire de les apprivoiser. Ils ont instantanément pris les habitudes (repas, câlins, promenade) de nos chiens.

  • Aiment ils les câlins et malgré tout le contact de l'homme ?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ils n'ont aucune crainte de l'homme et adorent les câlins. Ils sont même très demandeurs.

  • Aiment ils les plaisirs simples du jeu ?
Enzo n'est pas très joueur mais il aime quelquefois taquiner « sa Jojo ». Jojo aime jouer avec ses nouvelles copines. Ils aiment les grandes promenades que nous faisons maintenant sans laisse dans la montagne.

  • Votre statut de famille d'accueil est sentimentalement difficile, comment gérez vous cette situation ?
Devenir famille d'accueil était pour nous le moyen de faire quelque chose de concret pour ces deux bassets. Nous souhaitions adoucir leur vie en attendant la possibilité d'une  adoption.

Merci Martine, merci Bernard.
    

Notre Conte de Noël 2007, l'histoire de Lucie, notre 1er sauvetage



‘Je vous espère, sauvez moi'

Ces quelques mots de désespoir et d'immense solitude ont percuté nos oreilles il y a tout juste un an. Cet appel au secours était lancé par Lucie depuis la SPA de Cabiès à quelques jours de Noël, dans l'effervescence des préparations de la veillée.

Bonjour Monique,

  • Quelle était votre occupation ce 13 décembre 2006 ?
Comme à mon habitude, je m'occupais de mes chats, de mon chien, je profitais de mon jardin.

  • Quand vous avez lu le S.O.S, quelle a été votre réaction ?
Spontanément, trois mots me sont venus à l'esprit :  « Je la veux ! »

  • Aviez vous déjà le projet d'adopter un basset en détresse ?
Bien sûr que non car jamais je n'avais imaginé que l'on puisse abandonner un tel chien !

  • Lucie avait déjà onze ans, était ce important à vos yeux ?
Mais pas du tout. Je la voulais c'est tout. Le reste n'est que détail.

  • Est il justement important d'adopter ?
Certainement ! on lui donne du bonheur et elle nous en donne en retour. Peu importe l'état de santé du chien, sa race ou son âge !

  • Comment s'est comportée Lucie à son arrivée chez vous ?
Elle s'est tout de suite senti chez elle. Elle me suivait absolument partout.

  • Aujourd'hui, un an après, a-t-elle changé ?
Oh oui, elle est très joueuse. Elle est désormais complètement en confiance, elle est beaucoup plus décontractée.

  • Vous avez un autre chien, comment cela se passe-t-il ?
Ma foi très bien malgré le tempérament un peu bougon du boxer !

  • Il y a un an, quarante huit heures ont suffit pour changer votre vie et sa vie, que du bonheur ?
Je me rappelle bien de ce jour. Quand Sophie est arrivée avec Lucie, mon cœur n'a fait qu'un bon, « c'est elle ! ».

  • Conte de Noël ou bienveillance de Saint Nicolas, Saint patron des mal jugés, tout est bien qui fini bien !
Je dirai que c'est un très gros, très beau cadeau de Noël et du bonheur chaque jour et pour longtemps encore !

Merci Monique,
Je vous souhaite un joyeux Noël avec Lucie et tous vos animaux ! 

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